24.03.2006

La mains du diable (Partie 1)

Qui êtes-vous ?

 

Du blanc, du blanc partout.

Et cet ouragan dans mon crâne, qu’est-ce qu’il fait là ?!

Et cette odeur, acre, pesante, si caractéristique… mais si caractéristique de quoi déjà ?

 

Je suis votre infirmière.

 

Ah ! L’hôpital. D’accord.

Pourquoi l'hôpital ?

Putain d’ouragan, ça fait vraiment mal.

 

Nom de…

 

Ne bougez pas !

 

Qu’est-ce qui s’est passé ?

 

On vous a amenée inconsciente. D’après ce que je sais, vous vous êtes écroulée dans la rue, votre tête a heurté le sol et vous avez perdu connaissance.

 

C’est grave ?

 

Non, mais vous avez une belle bosse !

On vous garde en observation toute la nuit.

Vous avez mal ?

 

C’est rien de le dire !

 

Il paraît que vous avez voulu vous jeter sous les roues d’une voiture ?

 

Quoi ?

 

C’est ce que l’homme qui vous a amenée a dit.

 

Non. Je… je me souviens pas avoir voulu mourir.

 

Je me souviens juste de…

 

De quoi ?

 

D’elle. Je me souviens d’elle.

 

Qui ça ?

 

Elle. Le diable.

 

Pardon ?

Oui. C’était le diable. J’étais ensorcelée. J’étais tellement sûre de l’aimer. Je lui aurais tout donné mais elle, elle jouait et jouissait de ma dépendance et de mon aveuglement.

 

Elle ?

 

Oui. Elle

 

Vous… vous voulez en parler ?

 

A quoi bon.

 

Vous soulager, vous libérer, comprendre…

 

Et passer le temps, votre temps, n’est-ce pas ?

 

Eh bien… il y a peu à faire cette nuit, c’est calme, alors…

 

Vous promettez de ne pas m’interrompre même si ça vous paraît étrange ?

 

Oui.

 

Alors venez, asseyez-vous.

 

C’était il y a 7 mois…

 

Et je me mis à raconter l’irracontable….

 

ZHA

11.01.2006

J'AI DEMANDE LA MAIN DU DIABLE... (Intro)

Les yeux absout de toute joie. L’âme en reflet, plus qu’une image. Le corps absent comme éparpillé. Elle m’a jetée aux quatre vents, je ne suis plus, je ne serai plus jamais telle que je fus si tant est que je puisse être à nouveau. Eparpillée, rangée dans les multiples tiroirs du souvenir d’une autre. Elle ne voulait que mon corps, je la croyais entière. J’ai voulu tout donner et recevoir en miroir, je croyais la comprendre, elle a tout dévasté d’un simple regard, emmuré de silence.

Qu’est-ce que je fais là ?

Quelle heure est-il ?

Il est tôt je crois. Je ne suis pas restée longtemps.

Je suis montée la joie au cœur, l’innocence aux lèvres, l’illusion personnifiée et des fleurs à la main. Des lys d’un blanc immaculé. Elle a ouvert, a vu les fleurs, ses yeux se sont voilés, son sourire s’est volatilisé pour laisser place à une dureté que je ne lui connaissais pas. J’ai compris, j’ai compris tout de suite mon erreur, irrémédiable, irrévocable : on peut pactiser avec le diable, on ne lui demande pas sa main…

Car cette femme, c’était bien le diable et elle m’a marquée, brûlée, transformée en quelque chose que je ne reconnais pas, là, ce soir, en refermant sa porte, en me fermant sa vie, en m’enfermant dans une douleur que je ne soupçonnais pas.

Je marche, je ne vais nulle part mais je marche. Cela ne soulage pas, mon corps fait ce qu’il veut, mon esprit vient de se sauver s’y trouvant soudain trop à l’étroit. J’étouffe, je ne sais plus rien tout à coup : toute la belle mécanique de mon corps se dérègle. Il y a des phares, ils se rapprochent. Je devrais… je devrais bouger. Je suis comme hypnotisée. On klaxonne, on freine, j’entends les bruits, des bruits autrefois familiers que j’identifie à peine. La voiture s’est arrêtée devant moi. Quelqu’un hurle puis me bouscule. Je m’en fous ! Si tu savais comme je m’en fous ! Deux ans à aimer du vent, alors si tu savais comme je m’en fous ! Tu aurais pu me tuer dis-tu ? Mais je suis déjà morte. C’est ça, morte, qu’on me laisse mourir ! Oh ! Arrête d’hurler ! ça va ! je bouge ! Je… je ne vois plus rien… j’ai froid… j’ai tellement froid… je veux dormir… dormir… dormir….

 

 

 

La suite plus tard. Désolée de m’être absentée si longtemps mais j’avais pas mal de choses à faire. Là, je vais me coucher.

 

Bonne nuit à tous et bonne année 2006 !!!!

Zha

 

26.10.2005

QUAND LA MAISON S'EVEILLA SUR LA MER. Part 5

─ PETRAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!!!!!
Mina hurlait et pleurait face à l’abîme lorsque des mains invisibles vinrent la secouer. Une voix se joignit à elles qu’elle pris dans sa détresse pour celle de Petra.
─ Petra ?
─ MINA ! MINA CALME-TOI ! MINA !!!
Une gifle, puis deux et Mina se retrouva tout à coup dans un grand lit en bois.
─ Mina.
─ Petra ? Oh Petra c’est bien toi ?
─ Oui. Tu as fais un cauchemar.
─ Oh Petra ! C’était si réel. Ne me quitte jamais, ne me quitte jamais et, si tu me quittes, promets-moi de m’emmener avec toi.
─ De quoi parles-tu ? Je ne comprends rien.
─ On était dans ta maison, il y avait un passage secret dans la cheminée… une falaise… tu es tombée et… et tu es morte ! Tu m’as laissée seule, je n’ai pas pu te sauver, je t’avais dit de ne pas t’approcher mais tu ne m’as pas écoutée, et tu es tombée et tu ne m’as pas emmenée avec toi. Toi aussi tu es partie sans moi !
─ Moi aussi ? Mais de quoi parles-tu ?
A cette question, Mina se mit à pleurer de plus belle et Petra la berça doucement, caressant ses longs cheveux qu’un pâle rayon de lune couvrait de reflets argentés et roux.
─ Mes amis… l’an dernier…
Mina marqua une pause et frissonna. Petra remonta les couvertures sur sa peau nue et la serra un peu plus fort dans ses bras.
─ Nous venions de soutenir notre Thèse ; tous reçus ave les félicitations et les honneurs. C’était trois jours après la soutenance et il faisait un temps de chien. La grippe que je couvais depuis déjà une bonne semaine avait fini par m’avoir et j’étais clouée au lit avec quarante de fièvre. Nous devions sortir ce soir-là pour aller faire la fête dans un pub irlandais. Ils ne voulaient pas y aller sans moi mais je leur ai dit qu’il serait stupide de gâcher leur soirée à cause de ma grippe, qu’ils n’avaient qu’à y aller quand même, que nous avions la vie devant nous pour retourner fêter ça au pub et j’ai fini par les convaincre. Ils sont partis. Ils avaient promis de m’appeler du pub pour me faire participer un peu. J’ai attendu leur appel toute la soirée. C’est la mère de Tom qui m’a appelée vers deux heures du matin pour m’apprendre qu’un chauffard complètement ivre les avait percutés de plein fouet et qu’ils étaient tous morts, tous les trois, mes trois amis. J’aurais dû être avec eux mais je suis vivante et je m’en veux, et… Oh Petra ! Ils me manquent tellement ! Ils étaient ma famille !!!
Mina éclata de nouveau en sanglots :
─ Je ne veux pas que tu meurs aussi.
─ Je n’en ai pas la moindre envie. La mort, je l’ai vue en face il y a longtemps et elle ne m’a pas du tout séduite ! Alors, maintenant…
─ Maintenant ?
─ Oui, maintenant que je ne suis plus seule, maintenant que je sers à quelque chose, que je vis au travers de quelqu’un d’autre qui vit au travers de moi, quelqu’un qui m’a donné un goût de vivre que je ne me connaissais pas. Je t’aime Mina et je n’ai pas l’intention de mourir dans un avenir proche. Vois-tu, j’ai une ambition, je veux devenir une vieille dame indigne…
─  Toi aussi ?
─ Oui.
─ Fais attention, je pourrais bien tomber définitivement amoureuse rien qu’à cette perspective…
─ Et pourquoi pas ?
Elles s’embrassèrent longuement et trouvèrent dans leur chaire le réconfort que l’esprit enfiévré et impuissant ne peut souvent apporter.
─ Il y a un passage secret dans la maison.
─ Ah oui ?
─ Il se trouve derrière la bibliothèque et ne mène qu’à une grande pièce souterraine remplie de vieux grimoires qui ressemblent à des livres d’alchimie. J’ai appelé un expert de la bibliothèque nationale pour qu’il vienne les étudier emporter ceux qui l’intéressent.
─ Tu me les montreras, j’adore tout ce qui a trait à l’alchimie.
─ D’accord madame l’enchanteresse, mais, avant, ça serait peut-être util qu’on dorme un peu, non ?


Le jour se leva sur leur deux corps emmêlés et le soir suivant accueillit leur amour dans un écrin rouge sang, bordant d’un sceau de silence le lit à baldaquins que Petra avait installé dans la vieille demeure de la plage où elles s’étaient échappées au cours de l’après-midi.
Lorsque la maison s’éveilla sur la mer au matin d’un nouveau jour, ce fut une renaissance de chaires et de pierres, mêlées par les fruits du destin.


Dès lors, les yeux tournés vers ce bonheur vrai, car né de la souffrance,
Nous nous devons de celer cette histoire en silence
A l’aide du mot :

FIN

ZHA